» » » 1 utilisateur inconnu Note : 6/10 pour 89 votes | |
Note : 6/10 pour 89 votes | J'ose proposer à des amis inconnus des poèmes bulgares traduits en français que je fais paraître dès 1997 dans une revue bilingue "Les Lettres Bulgares". La première partie de cette revue est consacrée uniquement à la poésie bulgare moderne. Trois volumes de cette revue sont présentés dans le site http://pismena.net.co.nr
Je serai très heureuse de trouver des Amis nouveaux qui vénèrent Orphée et la création poétique.
Nevykerem
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Note : 6/10 pour 89 votes | Много скъп, Благодаря за вашето съобщение и до голяма степен, за чувството, което вие давате на поезията,. Дясната страна на вас.
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Note : 6/10 pour 89 votes | [#ff4600][email][b]Refrain de passion
De ma fenêtre, je vois
Un pélican étourdi
Avec des yeux silencieux
Il se cache entre la boue et l'eau
Serait-ce moi
Bien engourdi sur le lit de l'eau
Entrain d'observer une belle
enfouie sous la tente de l'absence
Le soir s'en va
Avant le coucher Je plonge dans le débat des objets
Pour tisser avec Le refrain de la passion
Une douleur
Je désire qu'elle habite Entre l'oreiller et le poème
Il se peut que
Je me sois bien engourdi
Sur le lit de l'eau
Je grimpe sur mes pas
Je offre une passion A la belle de la matinée
Elle était là à balbutier
La prière d'un ermite Plein de foi
……..
Elle est là Sur les extrémités des nuages
Chantonnant
Elle se saisit de mes rêves
Elle se constitue une couleur Sur la fleur de la neige
Parmi les gémissement des minarets
Une fée qui me livre
A l'ombre de la lettre
Elle crie à cause du flux de l'eau
Paix A l'étoile si elle tombe froide Sur les lèvres d'une épi
J'embellis ma mélancolie
Avec ce qui reste de la dernière course
L'eau de la mémoire Me mouille
Je l'étale
Tel un corps en cendre
O femme
Qui viens des extrémités des nuages
Comme une lune qui pleure
Qui lit son dernier testament
Paix A l'étoile si elle tombe froide Sur les lèvres d'une épi
Ammari Mohamed /Maroc
am-poete@hotmail.com Message édité par Profil supprimé le 22-07-2007 à 19:21:07
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Note : 6/10 pour 89 votes | peut etre que tu gardera ce poeme longtemps,
a chaque lecture, tu restera sans sentiment,
tu es la seule qui n ' a pas su, peu important
j'ai un seul souci, soit heureuse ca me suffit
le reste je ne m'en rappelle plus dans les details lol, ca fait 6 ans que j'ai ecrit ce poeme, un poeme perd son charme s'il est ecrit à l'un peu pret, c'est pour cette raison que je n'ecris pas les 3 strophes qui manquent |
*éternelle rêveuse*Note : 6/10 pour 89 votes | LA VIE ANTÉRIEURE J'ai longtemps habité sous de vastes portiques Que les soleils marins teignaient de mille feux, Et que leurs grands piliers, droits et majestueux, Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques. Les houles, en roulant les images des cieux, Mêlaient d'une façon solennelle et mystique Les tout-puissants accords de leur riche musique Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux. C'est à que j'ai vécu dans les voluptés calmes, Au milieu de l'azur, des vagues, des splendeurs Et des esclaves nus, tout imprégnés d'odeurs, Qui me rafraichissaient le front avec des palmes, Et dont un unique soin était d'approfondir Le secret douloureux qui me faisait languir. Charles Baudelaire **orlane** ---------------
** la plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute**
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Jamais Rien En Vain...Note : 6/10 pour 89 votes | Bonjour à tous...
Sur conseil d'Orlane et pour illustrer sa phrase de bas de post:
Dites-lui
Quelqu'un était ici.
Quelqu'un s'en est allé
Pour chercher un pays
Dont nul n'avait parlé.
En buvant de la bière,
Il s'en est souvenu,
Puis il a disparu
Par le chemin de pierre.
S'il passe à votre porte
Dites-lui que naguère
J'ai perdu de la sorte
Une île et deux rivières
À poursuivre ces terres
Que l'horizon transporte.
Gilles VIGNEAULT
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Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"
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Note : 6/10 pour 89 votes | un petit poème que je trouve assez beau Ecrire, c'est un moyen de s'exprimer
Sans être interrompu
Et un moyen de hurler
Sans être entendu |
*éternelle rêveuse*Note : 6/10 pour 89 votes | merci beaucoup merle, il me plait beaucoup PARFUM EXOTIQUE
Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d'automne, Je respire l'odeur de ton sein chaleureux, Je vois se dérouler des rivages heureux Qu'éblouissent les feux d'un soleil monotone ; Une île paresseuse où la nature donne Des arbres singuliers et des fruits savoureux ; Des hommes dont le corps est mince et vigoureux, Et des femmes dont œil par sa franchise étonne. Guidé par ton odeur vers de charmants climats, Je vois un port rempli de voiles et de mâts Encor tout fatigués par la vague marine, Pendant que le parfum des verts tamariniers, Qui circule dans l'air et m'enfle la narine, Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.
CHARLES BAUDELAIRE
**orlane**
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** la plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute**
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Jamais Rien En Vain...Note : 6/10 pour 89 votes | C'est vraiment un poème très doux de Baudelaire...
J'aime l'écriture très naturelle d'Apollinaire:
À travers l'Europe
À M. Ch.
Rotsoge
Ton visage écarlate ton biplan transformable en hydroplan
Ta maison ronde où il nage un hareng saur
II me faut la clef des paupières
Heureusement que nous avons vu M. Panado
Et nous sommes tranquilles de ce côté- là
Qu'est-ce que tu vois mon vieux M. D...
90 ou 324 un homme en l'air un veau qui regarde à travers le ventre de sa mère
J'ai cherché longtemps sur les routes
Tant d'yeux sont clos au bord des routes
Le vent fait pleurer les saussaies
Ouvre ouvre ouvre ouvre ouvre
Regarde mais regarde donc
Le vieux se lave les pieds dans la cuvette
Una volta ho inteso dire Chè vuoi
Je me mis à pleurer en me souvenant de vos enfances
Et toi tu me montres un violet épouvantable
Ce petit tableau où il y a une voiture m'a rappelé le jour
Un jour fait de morceaux mauves jaunes bleus verts et rouges
Où je m'en allais à la campagne avec une charmante cheminée tenant sa chienne en laisse
Il n'y en a plus tu n'as plus ton petit mirliton
La cheminée fume loin de moi des cigarettes russes
La chienne aboie contre les lilas
La veilleuse est consumée
Sur la robe ont chu des pétales
Deux anneaux d'or près des sandales
Au soleil se sont allumés
Mais tes cheveux sont le trolley
À travers l'Europe vêtue de petits feux multicolores
Guillaume Apollinaire (1880 - 1918) ---------------
Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"
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*éternelle rêveuse*Note : 6/10 pour 89 votes |
je ne connaissais pas ce texte d'Apollinaire, c'est en effet très cru..
Charles Baudelaire est pour beaucoup le plus grand de tous les poètes français. Il a définit les principes créateurs de la poésie moderne, du symbolisme au surréalisme. Durant sa longue quête insatisfaite de la Beauté, il se voit constamment partagé entre l'extase et l'horreur de la Vie.
et là, c'est l'horreur qui est décrite...
UNE CHAROGNE
Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme, Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brulante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature Tout ce qu'en semble elle avait joint ;
Et le ciel regardait la carcasse superbe Comme une fleur s'épanouir. La puanteur était si forte, que sur l'herbe Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dît que le corps, enflé d'un souffle vague, Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique Agite et tourne dans son van.
Les formes s'effaçaient et n'étaient plus qu'un rêve,
Une ébauche lente à venir,
Sur la toile oubliée, et que l'artiste achève
Seulement par le souvenir.
Derrière les rochers une chienne inquiète
Nous regardait d'un œil fâché, Épiant le moment de reprendre au squelette Le morceau qu'elle avait lâché.
- Et pourtant vous serez semblable à cette ordure,
A cette horrible infection, Étoile de mes yeux, soleil de ma nature,
Vous, mon ange et ma passion !
Oui ! telle vous serez, ô la reine des grâces,
Après les derniers sacrements,
Quand vous irez, sous l'herbe et les floraisons grasses,
Moisir parmi les ossements.
Alors, ô ma beauté ! dites à la vermine
Qui vous mangera de baisers,
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine
De mes baisers décomposés !
CHARLES BAUDELAIRE
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** la plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute**
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Jamais Rien En Vain...Note : 6/10 pour 89 votes | Ça m'a fait vraiment plaisir de relire ce poème que j'avais étudié en classe...
Je ne connais pas beaucoup de poèmes entiers mais j'ai en tête des extraits en pagaille et entre autres, la fin de cette "Charogne"...
Que j'ai gardé la forme et l'essence divine De mes baisers décomposés!
Et j'ai toujours en tête le début de ce texte d'Alphonse DAUDET
(qui m'a donné l'envie d'habiter un phare)...
Le phare des Sanguinaires (Les Lettres de mon Moulin)
Cette nuit je n'ai pas pu dormir. Le mistral était en colère, et les éclats de sa grande voix m'ont tenu éveillé jusqu'au matin. Balançant lourdement ses ailes mutilées qui sifflaient à la bise comme les agrès d'un navire, tout le moulin craquait. Des tuiles s'envolaient de sa toiture en déroute. Au loin, les pins serrés dont la colline est couverte s'agitaient et bruissaient dans l'ombre. On se serait cru en pleine mer...
Cela m'a rappelé tout à fait mes belles insomnies d'il y a trois ans, quand j'habitais le phare des Sanguinaires, là bas, sur la côte corse, à l'entrée du golfe d'Ajaccio.
Encore un joli coin que j'avais trouvé là pour rêver et pour être seul.
Figurez-vous une île rougeâtre et d'aspect farouche ; le phare à une pointe, à l'autre une vieille tour génoise où, de mon temps, logeait un aigle. En bas, au bord de l'eau, un lazaret en ruine, envahi de partout par les herbes ; puis des ravins, des maquis, de grandes roches, quelques chèvres sauvages, de petits chevaux corses gambadant la crinière au vent ; enfin là-haut, tout en haut, dans un tourbillon d'oiseaux de mer, la maison du phare, avec sa plate-forme en maçonnerie blanche, où les gardiens se promènent de long en large, la porte verte en ogive, la petite tour de fonte, et au-dessus la grosse lanterne à facettes qui flambe au soleil et fait de la lumière même pendant le jour... Voilà l'île des Sanguinaires, comme je l'ai revue cette nuit, en entendant ronfler mes pins. C'était dans cette île enchantée qu'avant d'avoir un moulin j'allais m'enfermer quelquefois, lorsque j'avais besoin de grand air et de solitude...
Si vous voulez le lire en entier: http://users.skynet.be/sky42184/da_phare.htm
Et si vous voulez en entendre un extrait (et faire la dictée qui va avec... mdr)...
http://www.jeanlucmartin.com/lesle [...] inaire.htm
 Message édité par Merle Hagard le 11-10-2007 à 19:44:15 ---------------
Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"
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*éternelle rêveuse*Note : 6/10 pour 89 votes | celui-ci de baudelaire me plait beaucoup, car il faut croquer la vie à pleine dent, elle passe déjà bien assez vite....
ENIVREZ-VOUS
Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve. Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous! Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise. Charles Baudelaire (1821- 1867)
**orlane**
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** la plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute**
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Jamais Rien En Vain...Note : 6/10 pour 89 votes | Oui Orlane, une ode aux plaisirs des sens...
Je suis sûr que tu connais François Villon, né en 1431 et mort on ne sait quand...
C'est ce que j'aime le plus après les Parnassiens...
(Je voulais te le mettre en MP mais Best me dit que je floode!)...
Ballade des Dames du temps jadis
Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Echo, parlant quant bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?
Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la roine
Qui commanda que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?
La roine Blanche comme un lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietrix, Aliz,
Haramburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne, la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen ;
Où sont-ils, où, Vierge souvraine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?
Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Que ce refrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d'antan ? ---------------
Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"
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*éternelle rêveuse*Note : 6/10 pour 89 votes | merle, merci, je ne connaissais pas ce texte mais l'auteur oui, très joli un petit clin d'œil à ta signature, un poème que j'aime beaucoup et qui invite au voyage.... larguons les amarres.
LE BATEAU IVRE
Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs. J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais. Dans les clapotements furieux des marées
Moi l'autre hiver plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants. La tempête a béni mes éveils maritimes.
Plus léger qu'un bouchon j'ai dansé sur les flots
Qu'on appelle rouleurs éternels de victimes,
Dix nuits, sans regretter l'oeil niais des falots ! Plus douce qu'aux enfants la chair des pommes sures,
L'eau verte pénétra ma coque de sapin
Et des taches de vins bleus et des vomissures
Me lava, dispersant gouvernail et grappin Et dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De la Mer, infusé d'astres, et lactescent,
Dévorant les azurs verts ; où, flottaison blême
Et ravie, un noyé pensif parfois descend ; Où, teignant tout à coup les bleuités, délires Et rythmes lents sous les rutilements du jour,
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour ! Je sais les cieux crevant en éclairs, et les trombes
Et les ressacs et les courants : Je sais le soir,
L'aube exaltée ainsi qu'un peuple de colombes,
Et j'ai vu quelque fois ce que l'homme a cru voir ! J'ai vu le soleil bas, taché d'horreurs mystiques,
Illuminant de longs figements violets,
Pareils à des acteurs de drames très-antiques
Les flots roulant au loin leurs frissons de volets ! J'ai rêvé la nuit verte aux neiges éblouies,
Baiser montant aux yeux des mers avec lenteurs,
La circulation des sèves inouïes,
Et l'éveil jaune et bleu des phosphores chanteurs ! J'ai suivi, des mois pleins, pareille aux vacheries
Hystériques, la houle à l'assaut des récifs,
Sans songer que les pieds lumineux des Maries
Pussent forcer le mufle aux Océans poussifs ! J'ai heurté, savez-vous, d'incroyables Florides
Mêlant aux fleurs des yeux de panthères à peaux
D'hommes ! Des arcs-en-ciel tendus comme des brides
Sous l'horizon des mers, à de glauques troupeaux ! J'ai vu fermenter les marais énormes, nasses
Où pourrit dans les joncs tout un Léviathan !
Des écroulement d'eau au milieu des bonaces,
Et les lointains vers les gouffres cataractant ! Glaciers, soleils d'argent, flots nacreux, cieux de braises !
Échouages hideux au fond des golfes bruns Où les serpents géants dévorés de punaises Choient, des arbres tordus, avec de noirs parfums ! J'aurais voulu montrer aux enfants ces dorades
Du flot bleu, ces poissons d'or, ces poissons chantants. - Des écumes de fleurs ont bercé mes dérades
Et d'ineffables vents m'ont ailé par instants. Parfois, martyr lassé des pôles et des zones,
La mer dont le sanglot faisait mon roulis doux
Montait vers moi ses fleurs d'ombres aux ventouses jaunes Et je restais, ainsi qu'une femme à genoux... Presque île, ballotant sur mes bords les querelles
Et les fientes d'oiseaux clabaudeurs aux yeux blonds Et je voguais, lorsqu'à travers mes liens frêles Des noyés descendaient dormir, à reculons ! Or moi, bateau perdu sous les cheveux des anses,
Jeté par l'ouragan dans l'éther sans oiseau,
Moi dont les Monitors et les voiliers des Hanses
N'auraient pas repêché la carcasse ivre d'eau ; Libre, fumant, monté de brumes violettes,
Moi qui trouais le ciel rougeoyant comme un mur
Qui porte, confiture exquise aux bons poètes,
Des lichens de soleil et des morves d'azur, Qui courais, taché de lunules électriques,
Planche folle, escorté des hippocampes noirs,
Quand les juillets faisaient crouler à coups de triques Les cieux ultramarins aux ardents entonnoirs ; Moi qui tremblais, sentant geindre à cinquante lieues
Le rut des Béhémots et les Maelstroms épais,
Fileur éternel des immobilités bleues,
Je regrette l'Europe aux anciens parapets ! J'ai vu des archipels sidéraux ! et des îles
Dont les cieux délirants sont ouverts au vogueur :
- Est-ce en ces nuits sans fond que tu dors et t'exiles,
Million d'oiseaux d'or, ô future Vigueur ? - Mais, vrai, j'ai trop pleuré ! Les Aubes sont navrantes.
Toute lune est atroce et tout soleil amer :
L'âcre amour m'a gonflé de torpeurs enivrantes.
Ô que ma quille éclate ! Ô que j'aille à la mer ! Si je désire une eau d'Europe, c'est la flache
Noire et froide où vers le crépuscule embaumé Un enfant accroupi plein de tristesses, lâche
Un bateau frêle comme un papillon de mai. Je ne puis plus, baigné de vos langueurs, ô lames,
Enlever leur sillage aux porteurs de cotons, Ni traverser l'orgueil des drapeaux et des flammes,
Ni nager sous les yeux horribles des pontons.
Arthur Rimbaud
**orlane**
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** la plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute**
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Jamais Rien En Vain...Note : 6/10 pour 89 votes | Eh oui, Rimbaud! Un livre de chevet pour moi... Et mon lit comme un navire!
Il est vraiment beau ton voilier... Il me fait penser à la légende du "Hollandais Volant"...
Et toujours François VILLON...
L'Épitaphe de Villon ou " Ballade des pendus "
Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre. De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre. Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !
Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A lui n'ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre ! ---------------
Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"
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*éternelle rêveuse*Note : 6/10 pour 89 votes | |
Jamais Rien En Vain...Note : 6/10 pour 89 votes | Très joli poème, très pur, peu d'adjectifs, juste des mots simples qui en appellent d'autres...
Un poème qui m'a longtemps marqué... Je m'identifie facilement à ce genre de coureurs des bois québecquois... La dernière phrase me servira un jour de signature...
JE SUIS UN FILS DÉCHU
Alfred Desrochers (1901-1978) est autant un poète du terroir qu'un poète patriotique. Il a été journaliste et traducteur. Dans l'édition de 1930 d'À l'ombre de l'Orford, il décrit le cycle des champs (du labourage à la récolte), mais aussi celui des hommes de chantier. On peut y lire aussi le controversé poème «Offrande aux vierges folles», «L'hymne au vent du nord» et son plus célèbre poème «Je suis un fils déchu», dans lequel il chante la gloire de tous ces coureurs de bois qui furent les véritables héros de la colonisation en terre d'Amérique.
Je suis un fils déchu de race surhumaine,
Race de violents, de forts, de hasardeux,
Et j'ai le mal du pays neuf, que je tiens d'eux,
Quand viennent les jours gris que septembre ramène.
Tout le passé brutal de ces coureurs des bois :
Chasseurs, trappeurs, scieurs de long, flotteurs de cage,
Marchands aventuriers ou travailleurs à gages,
M'ordonne d'émigrer par en haut pour cinq mois.
Et je rêve d'aller comme allaient les ancêtres;
J'entends pleurer en moi les grands espaces blancs,
Qu'ils parcouraient, nimbés de souffles d'ouragans,
Et j'abhorre comme eux la contrainte des maîtres.
Quand s'abattait sur eux l'orage des fléaux,
Ils maudissaient le val; ils maudissaient la plaine,
Ils maudissaient les loups qui les privaient de laine :
Leurs malédictions engourdissaient leurs maux.
Mais quand le souvenir de l'épouse lointaine
Secouait brusquement les sites devant eux,
Du revers de leur manche, ils s'essuyaient les yeux
Et leur bouche entonnait : «À la claire fontaine»...
Ils l'ont si bien redite aux échos des forêts,
Cette chanson naïve où le rossignol chante,
Sur la plus haute branche, une chanson touchante,
Qu'elle se mêle à mes pensers les plus secrets :
Si je courbe le dos sous d'invisibles charges,
Dans l'âcre brouhaha de départs oppressants,
Et si, devant l'obstacle ou le lien, je sens
Le frisson batailleur qui crispait leurs poings larges;
Si d'eux, qui n'ont jamais connu le désespoir,
Qui sont morts en rêvant d'asservir la nature,
Je tiens ce maladif instinct de l'aventure,
Dont je suis quelquefois tout envoûté, le soir;
Par nos ans sans vigueur, je suis comme le hêtre
dont la sève a tari sans qu'il soit dépouillé,
Et c'est de désirs morts que je suis enfeuillé,
Quand je rêve d'aller comme allait mon ancêtre;
Mais les mots indistincts que profère ma voix
Sont encore : un rosier, une source, un branchage,
Un chêne, un rossignol parmi le clair feuillage,
Et comme au temps de mon aïeul, coureur des bois,
Ma joie ou ma douleur chante le paysage... ---------------
Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"
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*éternelle rêveuse*Note : 6/10 pour 89 votes | |
Jamais Rien En Vain...Note : 6/10 pour 89 votes | Le violon frémit comme un cœur qu'on afflige
Le Violon, instrument de la tristesse et de la mélancolie...
Paul VERLAINE (1844-1896)
( Poèmes saturniens)
Chanson d'automne
Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure
Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte. ---------------
Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"
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*éternelle rêveuse*Note : 6/10 pour 89 votes | merle que de souvenirs, j'avais appris ce poème mais ne m'en souvenait plus en entier....
en voici un sur l'automne, c'est de saison me semble t-il.
CHANT D' AUTOMNE (Charles Baudelaire) Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ; J'écoute en frémissant chaque buche qui tombe Tout l'hiver va entrer dans mon être : colère Mon esprit est pareil à la tour qui succombe J'aime de vos longs cheveux la lumière verdâtre, Douce beauté, mais tout aujourd'hui m'est amer, Et rien, ni votre amour, ni le boudoir, ni l'âtre, Ne me vaut le soleil rayonnant sur la mer. Et pourtant aimez-moi, tendre cœur ! Soyez mère, Même pour un ingrat, même pour un méchant ; Amante ou sœur soyez la douce éphémère D'un glorieux automne ou d'un soleil couchant. Courte tâche ! La tombe attend, elle est avide ! Ah ! laissez-moi mon front posé sur vos genoux, Gouter, en regrettant l'été blanc et torride, De l'arrière-saison le rayon jaune et doux ! (Les Fleurs du mal)
**orlane**
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** la plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute**
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Jamais Rien En Vain...Note : 6/10 pour 89 votes | Oui l'automne... et ta photo, on dirait une peinture expressionniste!
VENT, LE VENT TRISTE DE L'AUTOMNE ! (LE)
Avec le cri qui sort d'une gorge d'enfant, Le vent de par les bois, funèbre et triomphant,
Le vent va, le vent court dans l'écorce qu'il fend Mêlant son bruit lointain au bruit d'un olifant.
Puis voici qu'il s'apaise, endormant ses furies Comme au temps où jouant dans les nuits attendries ; Son violon berçait nos roses rêveries Choses qui parfumiez les ramures fleuries !
Comme lui, comme lui qui fatal s'élevant Et gronde et rage et qui se tait aussi souvent, Ô femme, ton amour est parallèle au Vent :
Avant de nous entrer dans l'âme, il nous effleure ; Une fois pénétré pour nous briser, vient l'heure Où sur l'épars débris de nos coeurs d'homme, il pleure !
Nelligan passe plus de 42 ans interné à l'asile; d'abord, et pour un quart de siècle, du 9 août 1899 au 20 octobre 1925, à l'asile Saint-Benoît-Joseph-Labre; ensuite à l'hôpital Saint-Jean-de-Dieu, du 23 octobre 1925 au 18 novembre 1941, jour de sa mort. À Saint-Jean-de-Dieu, le poète est assez fréquemment sollicité du côté de la poésie par les visiteurs, les infirmières, les médecins. Au fil des années, il est ainsi amené à tenter de reconstituer tant bien que mal une trentaine de ses anciens poèmes et à les transcrire dans des carnets de fortune ou sur des feuilles volantes. Cette écriture d'asile est faire d'approximations du passé, fruits d'un esprit affaibli et d'une mémoire défaillante.
La mort de Nelligan, le 18 novembre 1941, marque en fait son commencement. Son oeuvre inachevée va plus que jamais attirer et fasciner le public. On publie ses recueils et des éditions de toutes sortes: de luxe, critiques, illustrées, anthologiques, scolaires... sans oublier la traduction anglaise de Fred Cogswell, parue en 1983. On consacre à Nelligan des thèses de doctorat et de maîtrise. Depuis 1979, à l'initiative de Maurice et Gilles Corbeil, un prix Émile-Nelligan est décerné annuellement à un jeune poète canadien. Nelligan est devenu un classique, un nom incontournable dans l'histoire de la littérature québécoise.
J'ajoute qu'il a du beaucoup s'inspirer d'Arthur Rimbaud...
VAISSEAU D'OR (LE)
Ce fut un grand Vaisseau taillé dans l'or massif : Ses mâts touchaient l'azur, sur des mers inconnues ; La Cyprine d'amour, cheveux épars, chairs nues, S'étalaient à sa proue, au soleil excessif.
Mais il vint une nuit frapper le grand écueil Dans l'Océan trompeur où chantait la Sirène, Et le naufrage horrible inclina sa carène Aux profondeurs du Gouffre, immuable cercueil.
Ce fut un Vaisseau d'Or, dont les flancs diaphanes Révélaient des trésors que les marins profanes, Dégoût, Haine et Névrose, entre eux ont disputés.
Que reste-t-il de lui dans la tempête brève ? Qu'est devenu mon coeur, navire déserté ? Hélas! Il a sombré dans l'abîme du Rêve! ---------------
Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"
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*éternelle rêveuse*Note : 6/10 pour 89 votes | le vaisseau d'or est vraiment très beau.
pour rester dans la navigation maritime....l'albatros, l'ami voyageur des marins.
l'albatros
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons trainer à coté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brule-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
Charles Baudelaire (1821- 1867)
**orlane**
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** la plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute**
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Jamais Rien En Vain...Note : 6/10 pour 89 votes | Le Poète est semblable au prince des nuées Ses ailes de géant l'empêchent de marcher...
Le paradoxe du poète... Baudelaire lui-même...
Jonathan Livingston "Le Goéland"...
Il veut voler plus vite et plus haut, découvrir le monde, sortir des habitudes de son clan.
Il découvre comment voler plus vite et plus haut.
Il est alors banni car il est différent et ne suit pas les règles du clan. Il voulait seulement partager ses découvertes merveilleuses. Il part pour toujours.
A la fin de sa vie commence une autre vie. C'est alors qu'il rencontre le Maître Tchaiang qui lui enseigne tout ce qu'il voulait savoir, et bien plus :
«La vitesse parfaite, c'est l'omniprésence.»
«L'espace et le temps n'ont pas de véritable réalité.»
«Pour voler avec la rapidité de la pensée et se rendre en tous lieux présent, passé ou futur, il est indispensable de commencer par être convaincu qu'on est déjà arrivé.»
Jonathan apprend alors à se rendre dans des endroits à la vitesse de la pensée...
«Je suis la parfaite expression de la liberté, ici et en tout instant.»
se répète alors Jonathan.
... mais l'exercice n'est pas facile. Tchaiang l'aide :
«Voler n'est pas une question de foi. Tu as besoin de comprendre ce que tu fais
et certaines choses qui ont trait à l'invisible, ce qui revient au même.»
«Je suis réellement une idée pure !» Ça marche... mais Jonathan se retrouve dans une caverne. Ce n'était pas son but de voyage avec la pensée.
«Peut-être avais-tu dans ta pensée des murs, penses-y bien.
Tout est phénomène d'attraction : où que se pose ta pensée, ton corps s'applique à la suivre.
Maintenant, pense à ton plus grand rêve et vas-y.»
Jonathan vole très très haut... dans les étoiles, c'était son rêve. Il a compris la force de la pensée.
«Le corps n'est rien d'autre que l'incarnation de la pensée.
Tant d'Amour entre dans le seul fait de donner,
dans l'action de partager le meilleur de soi-même avec quelqu'un qui s'efforce d'apprendre.
Pense à donner,
Pense Amour.
Tu es né pour être un Maître, pour apporter la vérité à ceux qui luttent pour reculer leurs limites.
Il est de toute première importance que tu transmettes ce que tu as trouvé toi-même, comme un présent offert à ceux qui sauront l'accepter.
Continue toujours dans la voie de l'Amour...»
Jonathan pardonne aux siens de l'avoir banni car il comprend ce geste. Il retourne vers eux pour leur enseigner ses connaissances.
«Vous avez la liberté d'être vous-même, immédiatement, d'aller toujours plus haut, à l'infini.»
Extraits du film «Jonathan Livingston le goéland», 1973. ---------------
Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"
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*éternelle rêveuse*Note : 6/10 pour 89 votes | oui merle en effet, Baudelaire est remplis de paradoxes,mais j'aime beaucoup son écriture...
aller je change d'auteur; LA NUIT TRANSFIGURÉE
Ce flot de vent d'ombre et d'étoile
Au ciel immense qui se voile
Te fait trahir,
D'une lumière qui lointaine
Baigne tes songes de sirène
Et d'avenir,
Lueur de feu qui grève d'ombre
Tes yeux immenses qui font sombre
Dans les soleils,
D'une fontaine de silence
Qu'un froid stellaire étreint d'absence
Tes yeux vermeils.
Et la pâleur d'eau où se mire
Un soir étrange qui transpire
D 'abolitions,
Jusqu' à penser à la paresse
Que dans un rêve de tristesse
Nous nous faisons,
Songe de nuit et d'amertume
Quand nous de nos ailes sans plume,
A parcourir
Ce feu d'étoile qui chancelle,
Nous cherchons la flamme nouvelle
Jusqu' à mourir. . .
Ce vent de feu qui monte vite
Et cette lèvre qui m'invite
A t'embrasser,
Dans un voyage dont j'avais
Prévu les chemins que tu sais
Ensorceler,
Ce soir étrange de sommeil
Qui nous conduit dans le soleil
D'ombre étoilée,
Nous ferons somme de langueur
Dans une vague de rumeur,
Transfigurée.
Bernard de L'océan
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** la plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute**
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Jamais Rien En Vain...Note : 6/10 pour 89 votes | A moi d'être collé, Orlane... Je ne connais pas cet auteur... Et je connais peu les poètes d'aujourd'hui...
Étienne Mallarmé, dit Stéphane Mallarmé, né à Paris le 18 mars 1842 et mort à Valvins (commune de Vulaines-sur-Seine, Seine-et-Marne) le 9 septembre 1898, est un poète français.
Auteur d'une œuvre poétique ambitieuse et rendue (souvent volontairement) obscure, Stéphane Mallarmé a été l'initiateur d'un renouveau de la poésie dont l'influence se mesure encore de nos jours auprès de poètes contemporains comme Yves Bonnefoy. À la fin du XIXe siècle, Mallarmé fait entrer la poésie dans l'ère de la modernité.
"Brise Marine"
(Extrait Des Oeuvres Poétiques)
Par Stéphane Mallarmé
La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres. Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres D'être parmi l'écume inconnue et les cieux ! Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe Sur le vide papier que la blancheur défend Et ni la jeune femme allaitant son enfant. Je partirai ! Steamer balançant ta mâture, Lève l'ancre pour une exotique nature ! Un Ennui, désolé par les cruels espoirs, Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs ! Et, peut-être, les mâts, invitant les orages, Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots ... Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots ! ---------------
Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"
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