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 Sujet :

La poésie

 
n°2113
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Posté le 13-11-2007 à 23:01:58  answer
 

Reprise du message précédent :
[quotemsg=2106,33,123369][#8D0071]Tout est de Catulle, Blableurp? "La Forêt" me plait assez...
 
les deus premiers sont de catulle et le troisieme (que j'adore auss) est d'un illutre inconu rencontré sur la toile.

n°2114
*éternelle rêveuse*
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Posté le 13-11-2007 à 23:32:03  answer
 

[:orlane40:29]  
   
  Paul VERLAINE (1844-1896)  http://www.lafeeverte.ch/images/verlaine.gif
(Recueil : La bonne chanson)        
   
  Le soleil du matin doucement chauffe et dore
Le soleil du matin doucement chauffe et dore
Les seigles et les blés tout humides encore,
Et l'azur a gardé sa fraicheur de la nuit.
L'on sort sans autre but que de sortir ; on suit,
Le long de la rivière aux vagues herbes jaunes,
Un chemin de gazon que bordent de vieux aunes.
L'air est vif. Par moment un oiseau vole avec
Quelque fruit de la haie ou quelque paille au bec,
Et son reflet dans l'eau survit à son passage.
C'est tout.
 
Mais le songeur aime ce paysage
Dont la claire douceur a soudain caressé
Son rêve de bonheur adorable, et bercé
Le souvenir charmant de cette jeune fille,
Blanche apparition qui chante et qui scintille,
 
Dont rêve le poète et que l'homme chérit,
évoquant en ses voeux dont peut-être on sourit
La Compagne qu'enfin il a trouvée, et l'âme
Que son âme depuis toujours pleure et réclame.
 
http://www.gabrielyacoub.com/uploads/lubies/champ-campagne-champs-malicorne-89-.jpg
 
                           [:c@twomanx:45] **orlane** [:c@twomanx:45]  
 
     
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 


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** la plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute**
n°2116
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Posté le 15-11-2007 à 22:01:55  answer
 

salut a tous
la poesie que dire sur cette discipline. que dije ce n'est pa une discipline c'esr un art bien difficile pour moi. bn c'est peut etre due au fait que je ne suit pa tres passioner par la poesie sa ma passe au dessu.lol

n°2118
Jamais Rien En Vain...
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Posté le 16-11-2007 à 14:37:35  answer
 

 Oui, Verlaine aussi...
 
  Boris Vian (10 mars 1920, Ville-d'Avray (Hauts-de-Seine) - 23 juin 1959, Paris) est un écrivain français, ingénieur de l' École centrale, inventeur, poète, parolier, chanteur, critique et musicien de jazz (trompettiste). À ces multiples talents, il convient d'ajouter ceux de conférencier, scénariste et traducteur (anglo-américain). Il a également publié sous les pseudonymes de Vernon Sullivan ou Bison Ravi, Baron Visi ou Brisavion (anagrammes de son nom)...
 
http://forum.bestofchat.com/mesimages/123369/VianBoris01.jpg http://forum.bestofchat.com/mesimages/123369/VianBoris02.gif http://forum.bestofchat.com/mesimages/123369/VianBoris03.jpg
 
Je voudrais pas crever
 
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurai l'étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir
 
Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche
 
Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort...
 
 
Boris Vian


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Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
  Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"

n°2119
*éternelle rêveuse*
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Posté le 16-11-2007 à 22:17:50  answer
 

[:orlane40:29] je ne connais pas très bien les œuvres de Boris Vian, et celle-ci pas du tout!
 
voici une poésie de LOUIS ARAGON que j'aime beaucoup :love:  
 
 http://www.siir.gen.tr/images/aragon_2.jpg   http://www.nanga.fr/images/aragon_art.jpg
 
LES YEUX D'ELSA
 
Tes yeux sont si profonds qu'en me penchant pour boire  
J'ai vu tous les soleils y venir se mirer
S'y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j'y perds la mémoire  
À l'ombre des oiseaux c'est l'océan troublé  
Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent  
L'été taille la nue au tablier des anges  
Le ciel n'est jamais bleu comme il l'est sur les blés  
Les vents chassent en vain les chagrins de l'azur  
Tes yeux plus clairs que lui lorsqu'une larme y luit  
Tes yeux rendent jaloux le ciel d'après la pluie  
Le verre n'est jamais si bleu qu'à sa brisure  
Mère des Sept douleurs ô lumière mouillée  
Sept glaives ont percé le prisme des couleurs  
Le jour est plus poignant qui point entre les pleurs  
L'iris troué de moir plus bleu d'être endeuillé  
Tes yeux dans le malheur ouvrent la double brèche  
Par où se reproduit le miracle des Rois  
Lorsque le coeur battant ils virent tous les trois  
Le manteau de Marie accroché dans la crèche  
Une bouche suffit au mois de Mai des mots  
Pour toutes les chansons et pour tous les hélas  
Trop peu d'un firmament pour des millions d'astres  
Il leur fallait tes yeux et leurs secrets gémeaux  
L'enfant accaparé par les belles images  
Écarquille les siens moins démesurément  
Quand tu fais les grands yeux je ne sais si tu mens  
On dirait que l'averse ouvre des fleurs sauvages  
Cachent-ils des éclairs dans cette lavande où  
Des insectes défont leurs amours violentes  
Je suis pris au filet des étoiles filantes  
Comme un marin qui meurt en mer en plein mois d'aout  
J'ai retiré ce radium de la pechblende  
Et j'ai brulé mes doigts à ce feu défendu  
Ô paradis cent fois retrouvé reperdu  
Tes yeux sont mon Pérou ma Golconde mes Indes  
Il advint qu'un beau soir l'univers se brisa  
Sur des récifs que les naufrageurs enflammèrent  
Moi je voyais briller au-dessus de la mer  
Les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa les yeux d'Elsa
 
                                                 [:elap:40] **orlane** [:elap:40]  
 
 
 


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** la plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute**
n°2120
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Posté le 16-11-2007 à 22:54:39  answer
 

des trois je prefere verlaine: plus  agreable, quelle epoque!

n°2121
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Posté le 16-11-2007 à 23:15:30  answer
 

Sensation
 
 
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.  
 
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la nature, heureux comme avec une femme.  
 
 
Arthur Rimbaud
Mars 1870.  
 

n°2123
Jamais Rien En Vain...
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Posté le 17-11-2007 à 13:07:37  answer
 

Je n'avais jamais lu ce poème en entier, Orlane, merci...
 
Je vénère ce poème de Rimbaud, Blableurp, mis en musique par Robert Charlebois, accompagné dans la vidéo par Jacques Higelin et Michel Gaucher...
 

SWF file


 
Guillaume Apollinaire, pseudonyme de Wilhelm Albert Vladimir Apollinaris de Wąż-Kostrowitcky (26 août 1880, Rome – 9 novembre 1918, Paris) est un des principaux poètes d'expression française des premières décennies du XXe siècle, auteur notamment du Pont Mirabeau. Il écrit également des nouvelles et des romans érotiques (Les Onze Mille Verges, 1907). Il pratique le calligramme (terme de son invention). Il est le chantre de toutes les avant-gardes artistiques (les Peintres cubistes, 1913) et, poète (Alcools, 1913 ; Calligrammes, 1918) ou théoricien (l'Esprit nouveau et les poètes, 1917), un précurseur du surréalisme (les Mamelles de Tirésias, 1917) dont il a forgé le nom...
 
http://forum.bestofchat.com/mesimages/123369/ApollinaireArmy.jpg
 
Un poème de Guillaume Apollinaire, mis en musique par Léo Ferré (Ah! Léo) et repris par Bernard Lavilliers aussi...
 
Marizibill
 
Dans la Haute-Rue à Cologne
Elle allait et venait le soir
Offerte à tous en tout mignonne
Puis buvait lasse des trottoirs
Très tard dans les brasseries borgnes
 
Elle se mettait sur la paille
Pour un maquereau roux et rose
C'était un juif il sentait l'ail
Et l'avait venant de Formose
Tirée d'un bordel de Changaï
 
Je connais des gens de toutes sortes
Ils n'égalent pas leurs destins
Indécis comme feuilles mortes
Leurs yeux sont des feux mal éteints
Leurs coeurs bougent comme leurs portes
 
Guillaume Apollinaire

 

SWF file


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Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
  Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"

n°2124
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Posté le 17-11-2007 à 18:49:37  answer
 

Merci merci !!!  :jap:

n°2125
*éternelle rêveuse*
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Posté le 17-11-2007 à 21:47:55  answer
 

[:orlane40:29] très joli post Merle.Blableurp, la poésie est semblable à la peinture, chacun à ses coups de cœur....en voici un de Théophile Gautier
 
   
 
http://www.arikah.net/encyclopedie-francaise/images/thumb/0/08/175px-TheoGautier.jpg
 
 
A DEUX BEAUX YEUX
 
 Vous avez un regard singulier et charmant ;
Comme la lune au fond du lac qui la reflète,
Votre prunelle, où brille une humide paillette,
Au coin de vos doux yeux roule languissamment ;
 
Ils semblent avoir pris ses feux au diamant ;
Ils sont de plus belle eau qu'une perle parfaite,
Et vos grands cils émus, de leur aile inquiète,
Ne voilent qu'à demi leur vif rayonnement.
 
Mille petits amours, à leur miroir de flamme,
Se viennent regarder et s'y trouvent plus beaux,
Et les désirs y vont rallumer leurs flambeaux.
 
Ils sont si transparents, qu'ils laissent voir votre âme,
Comme une fleur céleste au calice idéal
Que l'on apercevrait à travers un cristal.  
   
 
THEOPHILE GAUTIER
 
                     [:c@twomanx:45] **orlane** [:c@twomanx:45]  
 
 
 


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** la plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute**
n°2126
Jamais Rien En Vain...
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Posté le 18-11-2007 à 12:46:25  answer
 

Coups de cœur et souvenirs d'écolier, Orlane...
 
Joachim du Bellay est un poète français né en 1522 au château de la Turmelière (Liré), dans le Maine-et-Loire, et mort en 1560, à Paris. Sa rencontre avec Pierre de Ronsard fut à l'origine de la formation de la Pléiade, groupe de poètes auquel Du Bellay donna son manifeste, la Défense et illustration de la langue française. Son œuvre la plus célèbre, Les Regrets, est un recueil de sonnets d'inspiration élégiaque et satirique, écrit à l'occasion de son voyage à Rome de 1553 à 1557...
 
http://forum.bestofchat.com/mesimages/123369/DuBellayJoachim.png
 
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage
 
Heureux qui, comme Ulysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis est retourné, plein d'usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !
 
Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée, et en quelle saison
Reverrai-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m'est une province, et beaucoup davantage ?
 
Plus me plaît le séjour qu'ont bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l'ardoise fine :
 
Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l'air marin la doulceur angevine.


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Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
  Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"

n°2127
*éternelle rêveuse*
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Posté le 18-11-2007 à 15:19:33  answer
 

[:orlane40:27] Merle, avec ce poème, tu m'as fait un temps repartir sur les bancs de l'école..
 
voici un poème d'un auteur que je ne connaissais pas, qui m'a séduite:
 
 
Félix Arvers   est né à Paris en 1806  
http://cartespost.free.fr/COLLECTIONPERSO/FELIXARVERS/Scan10009.JPG
 
 
   LA RESSEMBLANCE
 
Sur tes riches tapis, sur ton divan qui laisse
Au milieu des parfums respirer la mollesse,
En ce voluptueux séjour,
Où loin de tous les yeux, loin des bruits de la terre,
Les voiles enlacés semblent, pour un mystère,
éteindre les rayons du jour,
 
Ne t'enorgueillis pas, courtisane rieuse,
Si, pour toutes tes sœurs ma bouche sérieuse
Te sourit aussi doucement,
Si, pour toi seule ici, moins glacée et moins lente,
Ma main sur ton sein nu s'égare, si brulante
Qu'on me prendrait pour un amant.
 
Ce n'est point que mon cœur soumis à ton empire,
Au charme décevant que ton regard inspire
Incapable de résister,
A cet appât trompeur se soit laissé surprendre
Et ressente un amour que tu ne peux comprendre,
Mon pauvre enfant ! ni mériter.
 
Non : ces rires, ces pleurs, ces baisers, ces morsures,
Ce cou, ces bras meurtris d'amoureuses blessures,
Ces transports, cet œil enflammé ;
Ce n'est point un aveu, ce n'est point un hommage
Au moins : c'est que tes traits me rappellent l'image
D'une autre femme que j'aimai.
 
Elle avait ton parler, elle avait ton sourire,
Cet air doux et rêveur qui ne peut se décrire.
Et semble implorer un soutien ;
Et de l'illusion comprends-tu la puissance ?
On dirait que son œil, tout voilé d'innocence,
Lançait des feux comme le tien.
 
Allons : regarde-moi de ce regard si tendre,
Parle-moi, touche-moi, qu'il me semble l'entendre
Et la sentir à mes côtés.
Prolonge mon erreur : que cette voix touchante
Me rende des accents si connus et me chante
Tous les airs qu'elle m'a chantés !
 
Hâtons-nous, hâtons-nous ! Insensé qui d'un songe
Quand le jour a chassé le rapide mensonge,
Espère encore le ressaisir !
Qu'à mes baisers de feu ta bouche s'abandonne,
Viens, que chacun de nous trompe l'autre et lui donne
Toi le bonheur, moi le plaisir !  
   
 
             [:orlane40:26] **orlane**  [:orlane40:26]  
 
 


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** la plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute**
n°2130
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Posté le 18-11-2007 à 15:57:40  answer
 

L'Opinion Publique
 
Qui je suis ? - du théâtre antique
J'ai perfectionné le choeur,
Je suis l'opinion publique,
Un personnage symbolique,
Ce qu'on appelle un raisonneur.
Le choeur antique en confidence
Se chargeait d'expliquer aux gens
Ce qu'ils avaient compris d'avance,
Quand ils étaient intelligents.
Moi, je fais mieux. J'agis moi-même ;
Et prenant part à l'action,
De la palme ou de l'anathème
Je fais la distribution.
Que prenne garde à moi la femme
Qui voudrait tromper son époux,
Et que se garde aussi l'époux
Qui ferait des traits à sa femme ! ...
C'est aux personnages du drame
Que je parle. Rassurez-vous !
Voici venir notre Eurydice ;
Je pars : mais je suis toujours là,
Prêt à sortir de la coulisse,
Comme un deus ex machina !
 
L'Opinion exit.
 
"Le mythe d'Orphée"
par Crémieux/Offenbach - Orphée aux Enfers (1858)

n°2137
Jamais Rien En Vain...
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Posté le 19-11-2007 à 19:12:44  answer
 

Le mythe d'Orphée... Je découvre ce texte...
 
Je ne connais pas non plus ce poète, Orlane... J'aime bien et j'apprécie aussi l'illustration que tu as mise...
 
  Dante Alighieri (Durante degli Alighieri), poète, homme politique et écrivain florentin né dans la deuxième quinzaine de mai 1265 à Florence, mort le 14 septembre 1321 à Ravenne.
 Dante est le premier grand poète de langue italienne, et son livre La Divine Comédie est considéré comme l'un des grands chefs-d’œuvre de la littérature universelle.
 
http://forum.bestofchat.com/mesimages/123369/DantePortrait.gif http://forum.bestofchat.com/mesimages/123369/DanteDivineComédie.jpg
 
Nel mezzo del cammin di nostra vita
     mi ritrovai per una selva oscura
     chè la diritta via era smarrita.
Ah quanto a dir qual era è cosa dura
     esta selva selvaggia e aspra e forte
     che nel pensier rinova la paura !
Tant'è amara che poco è più morte ;
     ma per trattar del ben ch'io vi trovai,
     dirò dell'altre cose ch'i' v'ho scorte.
 
Inferno, I
Ulrico Hoepli, Editore-Libraio,
Milano, 1965
 
Au milieu du chemin de notre vie
     je me trouvai par une selve obscure
     et vis perdue la droiturière voie.
Ha, comme à la décrire est dure chose
     cette forêt sauvage et âpre et forte,
     qui, en pensant, renouvelle ma peur !
Amère est tant, que mort n'est guère plus ;
     mais pour traiter du bien que j'y trouvai,
     telles choses dirai que j'y ai vues.

 
Traduction André Pézard,
Œuvres complètes de Dante,
Bibliothèque de la Pléiade, 1965


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Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
  Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"

n°2138
*éternelle rêveuse*
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Posté le 19-11-2007 à 20:15:37  answer
 

[:orlane40:27] là, c'est toi qui me colle, je ne connaissais pas ce texte...
un autre auteur THEODORE DE BANVILLE( 1823-1891), avec un poème qui me plait particulièrement.
 
http://www.mta.ca/banville/banphot1.jpg
 
        ARIANE
 
 
Dans Naxos, où les fleurs ouvrent leurs grands calices
Et que la douce mer baise avec des sanglots,
Dans l'ile fortunée, enchantement des flots,
Le divin Iacchos apporte ses délices.
 
Entouré des lions, des panthères, des lices,
Le Dieu songe, les yeux voilés et demi-clos ;
Les Thyades au loin charment les verts îlots
Et de ses raisins noirs ornent leurs cheveux lisses.
 
Assise sur un tigre amené d'Orient,
Ariane triomphe, indolente, et riant
Aux lieux même où pleura son amour méprisée.
 
Elle va, nue et folle et les cheveux épars,
Et, songeant comme en rêve à son vainqueur Thésée,
Admire la douceur des fauves léopards.
 
                    [:elap:40] **orlane**  [:elap:40]  
   
 
 
 


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** la plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute**
n°2144
Jamais Rien En Vain...
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Posté le 20-11-2007 à 10:50:34  answer
 

Ariane délaissée, tentée par les fauves... Très mythologique ça, Orlane...
 
  Frédéric MISTRAL est né à Maillane, au Mas du Juge, au pied des Alpilles en 1830 ; il y meurt en 1914.  
 Il fonde le Félibrige le 21 mai 1854 avec d'autres poètes provençaux...
 Il obtient le prix Nobel de littérature en 1904 : plus précisément, la moitié du prix qu'il partage avec l'espagnol José de Echegaray ; le prix Nobel avait été créé en 1901...
 
http://forum.bestofchat.com/mesimages/123369/MistralFrédéricPortrait.gif http://forum.bestofchat.com/mesimages/123369/MistralFrédéricBlasonDevise.jpg La devise de Frédéric Mistral...
 
les premiers vers de Mirèio (Mireille) :
 
Cante uno chato de Prouvènço.
Dins lis amour de sa jouvènço,
A travès de la Crau, vers la mar, dins li bla,
Umble escoulan déu grand Oumèro,
Iéu la vole segui. Coume èro
Rèn qu'uno chato de la terro,
En foro de la Crau se n'es gaire parla.
 
Je chante une jeune fille de Provence.  
Dans les amours de sa jeunesse,  
à travers la Crau, vers la mer, dans les blés,
humble écolier du grand Homère,  
je veux la suivre. Comme c'était  
seulement une fille de la glèbe,  
en dehors de la Crau il s'en est peu parlé.

   
 
Emai soun front noun lusiguèsse
Que de jouinesso ; emai n'aguèsse
Ni diadème d'or ni mantèu de Damas,
Vole qu'en glòri fugue aussado
Coume uno rèino, e caressado
Pèr nosto lengo mespresado,
Car cantan que pèr vautre, o pastre e gènt di mas !
   
 
Bien que son front ne brillât  
que de jeunesse ; bien qu'elle n'eût
ni diadème d'or ni manteau de Damas,  
je veux qu'en gloire elle soit élevée  
comme une reine, et caressée
par notre langue méprisée,  
car nous ne chantons que pour vous, ô pâtres et habitants des mas.


Message édité par Merle Hagard le 20-11-2007 à 10:51:21

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Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
  Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"

n°2146
*éternelle rêveuse*
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Posté le 20-11-2007 à 11:37:57  answer
 

[:orlane40:27] oui tout naturellement après Orphée,Arianne....
j'aime beaucoup ce texte Merle, très limpide,ha!! la Provence, si belle région avec ses mas!
 
   L’art Poétique - Chant Ii - NICOLAS BOILEAU- DESPREAUX (1636-1711)
 
 
http://www.weblexikon.de/Nicolas_Boileau.jpg
 
 
Telle qu'une bergère, au plus beau jour de fête,
De superbes rubis ne charge point sa tête,
Et, sans mêler à l'or l'éclat des diamants,
Cueille en un champ voisin ses plus beaux ornements
Telle, aimable en son air, mais humble dans son style,
Doit éclater sans pompe une élégante Idylle.
Son tour, simple et naïf, n'a rien de fastueux
Et n'aime point l'orgueil d'un vers présomptueux.
Il faut que sa douceur flatte, chatouille, éveille,
Et jamais de grands mots n'épouvante l'oreille.
 
Mais souvent dans ce style un rimeur aux abois
Jette là, de dépit, la flute et le hautbois ;
Et, follement pompeux, dans sa verve indiscrète,
Au milieu d'une églogue entonne la trompette.
De peur de l'écouter, Pan fuit dans les roseaux ;
Et les Nymphes, d'effroi, se cachent sous les eaux.
Au contraire cet autre, abject en son langage,
Fait parler ses bergers comme on parle au village.
Ses vers plats et grossiers, dépouillés d'agrément,
Toujours baisent la terre et rampent tristement :
On dirait que RONSARD, sur ses pipeaux rustiques,
Vient encore fredonner ses idylles gothiques,
Et changer, sans respect de l'oreille et du son,
Lycidas en Pierrot, et Philis en Toinon.
 
Entre ces deux excès la route est difficile.
Suivez, pour la trouver, THÉOCRITE et VIRGILE
Que leurs tendres écrits, par les Grâces dictés,
Ne quittent point vos mains, jour et nuit feuilletés.
Seuls, dans leurs doctes vers, ils pourront vous apprendre
Par quel art, sans bassesse un auteur peut descendre ;
Chanter Flore, les champs, Pomone, les vergers ;
Au combat de la flute animer deux bergers ;
Des plaisirs de l'amour vanter la douce amorce ;
Changer Narcisse en fleur, couvrir Daphné d'écorce ;
Et par quel art encore l'églogue, quelquefois,
Rend dignes d'un consul la campagne et les bois.
Telle est de ce poème et la force et la grâce.
 
D'un ton un peu plus haut, mais pourtant sans audace,
La plaintive Élégie en longs habits de deuil,
Sait, les cheveux épars, gémir sur un cercueil.
Elle peint des amants la joie et la tristesse,
Flatte, menace, irrite, apaise une maitresse.
Mais, pour bien exprimer ces caprices heureux,
C'est peu d'être poète, il faut être amoureux.
 
Je hais ces vains auteurs, dont la muse forcée
M'entretient de ses feux, toujours froide et glacée ;
Qui s'affligent par art, et, fous de sens rassis,
S'érigent pour rimer en amoureux transis.
Leurs transports les plus doux ne sont que phrases vaines.
Ils ne savent jamais que se charger de chaines,
Que bénir leur martyre, adorer leur prison,
Et faire quereller les sens et la raison.
Ce n'était pas jadis sur ce ton ridicule
Qu'Amour dictait les vers que soupirait TIBULLE,
Ou que, du tendre OVIDE animant les doux sons,
Il donnait de son art les charmantes leçons.
Il faut que le cœur seul parle dans l'élégie.
 
l'ode, avec plus d'éclat et non moins d'énergie,
Élevant jusqu'au ciel son vol ambitieux,
Entretient dans ses vers commerce avec les dieux.
Aux athlètes dans Pise elle ouvre la barrière,
Chante un vainqueur poudreux au bout de la carrière,
Mène Achille sanglant aux bords du Simoïs,
Ou fait fléchir l'Escaut sous le joug de Louis.
Tantôt, comme une abeille ardente à son ouvrage,
Elle s'en va de fleurs dépouiller le rivage :
Elle peint les festins, les danses et les ris ;
Vante un baiser cueilli sur les lèvres d'Iris,
Qui mollement résiste, et, par un doux caprice,
Quelquefois le refuse afin qu'on le ravisse.
Son style impétueux souvent marche au hasard
Chez elle un beau désordre est un effet de l'art.
 
Loin ces rimeurs craintifs dont l'esprit flegmatique
Garde dans ses fureurs un ordre didactique,
Qui, chantant d'un héros les progrès éclatants,
Maigres historiens, suivront l'ordre des temps !
Ils n'osent un moment perdre un sujet de vue :
Pour prendre Dôle, il faut que Lille soit rendue ;
Et que leur vers exact, ainsi que Mézerai,
Ait déjà fait tomber les remparts de Courtrai.
Apollon de son feu leur fut toujours avare.
 
On dit, à ce propos, qu'un jour ce dieu bizarre,
Voulant pousser à bout tous les rimeurs françois,
Inventa du Sonnet les rigoureuses lois ;
Voulut qu'en deux quatrains, de mesure pareille,
La rime, avec deux sons, frappât huit fois l'oreille ;
Et qu'en suite six vers, artistement rangés,
Fussent en deux tercets par le sens partagés.
Surtout, de ce Poème il bannit la licence ;
Lui-même en mesura le nombre et la cadence ;
Défendit qu'un vers faible y pût jamais entrer,
Ni qu'un mot déjà mis osât s'y remontrer.
Du reste, il l'enrichit d'une beauté suprême
Un sonnet sans défaut vaut seul un long Poème.
Mais en vain mille auteurs y pensent arriver,
Et cet heureux phénix est encore à trouver.
À peine dans GOMBAUT, MAYNARD et MALLEVILLE,
En peut-on admirer deux ou trois entre mille ;
Le reste, aussi peu lu que ceux de Pelletier.
N'a fait de chez Sercy, qu'un saut chez l'épicier.
Pour enfermer son sens dans la borne prescrite,
La mesure est toujours trop longue ou trop petite.
 
l'épigramme, plus libre en son tour plus borné,
N'est souvent qu'un bon mot de deux rimes orné.
 
Jadis, de nos auteurs les pointes ignorées
Furent de l'Italie en nos vers attirées.
Le vulgaire, ébloui de leur faux agrément,
À ce nouvel appât courut avidement.
La faveur du public excitant leur audace,
Leur nombre impétueux inonda le Parnasse.
Le madrigal d'abord en fut enveloppé ;
Le sonnet orgueilleux lui-même en fut frappé ;
La tragédie en fit ses plus chères délices ;
L'élégie en orna ses douloureux caprices ;
Un héros sur la scène eut soin de s'en parer,
Et, sans pointe, un amant n'osa plus soupirer
On vit tous les bergers, dans leurs plaintes nouvelles,
Fidèles à la pointe encor plus qu'à leurs belles ;
Chaque mot eut toujours deux visages divers ;
La prose la reçut aussi bien que les vers ;
L'avocat au Palais en hérissa son style,
Et le docteur en chaire en sema l'Évangile.
 
La raison outragée enfin ouvrit les yeux,
La chassa pour jamais des discours sérieux ;
Et, dans tous ces écrits la déclarant infâme,
Par grâce lui laissa l'entrée en l'épigramme,
Pourvu que sa finesse, éclatant à propos,
Roulât sur la pensée et non pas sur les mots.
Ainsi de toutes parts les désordres cessèrent.
Toutefois, à la cour, les Turlupins, restèrent,
Insipides plaisants, bouffons infortunés,
D'un jeu de mots grossiers partisans surannés.
Ce n'est pas quelquefois qu'une Muse un peu fine,
Sur un mot, en passant, ne joue et ne badine,
Et d'un sens détourné n'abuse avec succès
Mais fuyez sur ce point un ridicule excès,
Et n'allez pas toujours d'une pointe, frivole
Aiguiser par la queue une épigramme folle.
 
Tout poème est brillant de sa propre beauté.
Le Rondeau, né gaulois, a la naïveté.
La Ballade, asservie à ses vieilles maximes,
Souvent doit tout son lustre au caprice des rimes.
Le Madrigal, plus simple et plus noble en son tour,
Respire la douceur, la tendresse et l'amour.
 
L'ardeur de se montrer, et non pas de médire,
Arma la Vérité du vers de la Satire.
LUCILE le premier osa la faire voir,
Aux vices des Romains présenta le miroir,
Vengea l'humble vertu de la richesse altière,
Et l'honnête homme à pied du faquin en litière.
HORACE à cette aigreur mêla son enjouement
On ne fut plus ni fat ni sot impunément ;
Et malheur à tout nom qui, propre à la censure
Put entrer dans un vers sans rompre la mesure!
 
PERSE, en ses vers obscurs, mais serrés et pressants,
Affecta d'enfermer moins de mots que de sens.
JUVÉNAL, élevé dans les cris de l'école,
Poussa jusqu'à l'excès sa mordante hyperbole.
Ses ouvrages, tout pleins d'affreuses vérités,
Étincellent pourtant de sublimes beautés
Soit que, sur un écrit arrivé de Caprée,
Il brise de Séjan la statue adorée ;
Soit qu'il fasse au conseil courir les sénateurs,
D'un tyran soupçonneux pâles adulateurs ;
Ou que, poussant à bout la luxure latine,
Aux portefaix de Rome il vende Messaline,
Ses écrits pleins de feu partout brillent aux yeux.
De ces maîtres savants disciple ingénieux,
RÉGNIER seul parmi nous formé sur leurs modèles,
Dans son vieux style encore a des grâces nouvelles.
Heureux, si ses discours, craints du chaste lecteur,
Ne se sentaient des lieux où fréquentait l'auteur,
Et si, du son hardi de ses rimes cyniques,
Il n'alarmait souvent les oreilles pudiques!
Le latin dans les mots brave l'honnêteté,
Mais le lecteur français veut être respecté ;
Du moindre sens impur la liberté l'outrage,
Si la pudeur des mots n'en adoucit l'image.
Je veux dans la satire un esprit de candeur,
Et fuis un effronté qui prêche la pudeur.
 
D'un trait de ce poème en bons mots si fertile,
Le Français, né malin, forma le Vaudeville,
Agréable indiscret qui, conduit par le chant,
Passe de bouche en bouche et s'accroit en marchant.
La liberté française en ses vers se déploie :
Cet enfant du plaisir veut naitre dans la joie.
Toutefois n'allez pas, goguenard dangereux,
Faire Dieu le sujet d'un badinage affreux.
À la fin tous ces jeux, que l'athéisme élève,
Conduisent tristement le plaisant à la Grève.
Il faut, même en chansons, du bon sens et de l'art
Mais pourtant on a vu le vin et le hasard
Inspirer quelquefois une Muse grossière
Et fournir, sans génie, un couplet à Linière.
Mais, pour un vain bonheur qui vous a fait rimer,
Gardez qu'un sot orgueil ne vous vienne enfumer.
Souvent, l'auteur altier de quelque chansonnette
Au même instant prend droit de se croire poète
Il ne dormira plus qu'il n'ait fait un sonnet,
Il met tous les matins six impromptus au net.
Encore est-ce un miracle, en ses vagues furies,
Si bientôt, imprimant ses sottes rêveries,
Il ne se fait graver au-devant du recueil,
Couronné de lauriers, par la main de Nanteuil.  
   
                                 [:elap:40] **orlane**  [:elap:40]  
 
 


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** la plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute**
n°2156
Jamais Rien En Vain...
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Posté le 21-11-2007 à 16:01:48  answer
 

Longue, longue démonstration de Boileau, Orlane... [:foin_de_romance:2]
 
  Clément Marot est un poète français du XVIe siècle, protégé de Marguerite de Navarre, soeur du roi de France François Ier. Il est né à Cahors pendant l'hiver 1496-1497 et mort à Turin en 1544.
 Clément Marot naît à Cahors, d'une mère gasconne et d'un père originaire de Caen, Jean des Marets dit Marot. Ce Jean des Marets était marchand, mais, à la fin de l'année 1505 il fut révoqué par sa corporation. Il quitta alors la région du Quercy et se mit à écrire des vers. Comme ces vers plurent à Michelle de Saubonne, femme du seigneur de Soubise, il fut présenté à la reine Anne de Bretagne. Il fut bien reçu et devint un des poètes favoris de Louis XII, qu’il accompagna en Italie.
 
http://forum.bestofchat.com/mesimages/123369/MarotClément.jpg
 
De l'amant marri contre sa dame
 
Du tout me veux deshériter
De ton amour : car profiter
Je n'y pourrais pas longue espace,
Vu qu'un autre reçoit ta grâce,
Sans mieux que moi la mériter.
Puisqu'à toi se veut présenter,
De moi se devra contenter,
Car je lui quitterai la place
Du tout.
 
Tes grâces sont fort à noter.
On n'y saurait mettre, ne ôter.
Tu as beau corps et belle face,
Mais ton coeur est plein de fallace :
Voilà qui m'en fait déporter
Du tout.


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Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
  Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"

n°2157
*éternelle rêveuse*
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Posté le 21-11-2007 à 21:16:41  answer
 

[:orlane40:27]  :sweat: désolé pour ce long texte mais il me plaisait :whistle: et puis, ça ne fait pas de mal de lire un peu :lol:  ;)  
 
un plus court maintenant :D de PAUL CLAUDEL (1868-1955) il était un grand ami de Rimbaud qu'il appelait un " mystique à l'état sauvage", en 1861, il fréquenta également Mallarmé qui a eu une influence sur son écriture.
http://www.culture.gouv.fr/culture/actualites/celebrations2005/images/044.jpg
 
   SIESTE
 
Deux heures après diner
Il est temps de se reposer
 
Ni mouvement aucun bruit
Deux heures après midi
 
Un chien prudent vient inspecter
La terrasse du café
 
Tout est fermé à la Mairie
Item à la gendarmerie
 
Dans le vide de l'église
Le crucifix agonise
 
Le jet d'eau chez le notaire
Suit son rêve protocolaire
 
Mais la chambre silencieuse
Dégage une odeur ombreuse
 
De feuillage et de lilas
De cire et de chocolat.
 
Dans la corbeille à ouvrage
Le livre abandonné surnage
 
Et l'œil sous le long cil éteint
Tenant sa main avec sa main
 
Insensible à travers le store
Au rayon qui la colore
 
Sommeille dans le demi-soleil
Une jeune fille vermeille.  
 
                                                 [:c@twomanx:45] **orlane** [:c@twomanx:45]  
   
 
 
 
 
 


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n°4765
Jamais Rien En Vain...
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Posté le 22-11-2007 à 21:34:29  answer
 

J'aime beaucoup aussi ce genre de poème, très dépouillés... Une bonne surprise, Orlane...
 
  Max Jacob est un poète, romancier, essayiste, épistolier et peintre français, né le 12 juillet 1876 à Quimper et mort le 5 mars 1944, prisonnier au camp de Drancy...
 
 Au moment d'être arrêté, il a dit: "Avant, nous vivions dans la crainte, maintenant nous allons vivre dans l'espoir"... Il était Juif...
 
http://forum.bestofchat.com/mesimages/123369/JacobMaxPhoto.jpg http://forum.bestofchat.com/mesimages/123369/JacobMaxPicasso.jpg Pour Picasso, présent quand Max Jacob a été baptisé...
 
Pour les enfants et pour les raffinés
 
A Paris sur un cheval gris
A Nevers sur un cheval vert
A Issoire sur un cheval noir  
Ah! Qu'il est beau  
qu'il est beau
Ah! Qu'il est beau  
Qu'il est beau!  
Tiou!
 
C'est la cloche qui sonne  
Pour ma fille Yvonne
Qui est mort à Perpignan?  
C'est la femme du commandant!  
Qui est mort à la Rochelle?  
C'est la mère au colonel!  
Qui est mort à Epinal?  
C'est la femme du caporal!  
Tiou!
 
Et à Paris papa chéri
Fais à Paris  
Qu'est-ce que tu me donnes à Paris?
Je te donne pour ta fête  
Un chapeau noisette
Un petit sac en satin
Pour le tenir à la main  
Un parasol en soie blanche
Avec des glands  
sur le manche  
Un habit doré sur tranche  
Des souliers couleur orange
Ne les mets que le dimanche
Un collier des bijoux  
Tiou!
 
C'est la cloche qui sonne  
Pour ma fille Yvonne
C'est la cloche de Paris  
Il est l'heure d'aller au lit
C'est la cloche de Nogent  
Papa va en faire autant
C'est la cloche de Givet  
Il est l'heure d'aller se coucher  
Ah! non! Pas encore dis  
Achète-moi aussi  
une voiture en fer  
Qui lève la poussière  
Par devant et par derrière  
Attention à vous  
mesdames les gardes-barrière
Voilà Yvonne et son p'tit père
 
TIOU!


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Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
  Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"

n°4766
*éternelle rêveuse*
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Posté le 22-11-2007 à 22:20:14  answer
 

[:orlane40:27] là aussi merle le style d'écriture de max jacob, que je ne connaissais pas est particulier, mais j'aime bien.
 
un autre de PAUL CLAUDEL
 
 le rendez-vous
 
Forêt profonde...
Il fait si sombre...
J'entends quelqu'un avec moi qui marmotte
et qui fait des gestes,
Quelle est cette ombre?
La pluie qui tombe.
Le vieillard marche tout noir entre les arbres
gigantesques.
 
L'oiseau s'est tut.
J'ai trop vécu.
C'est la nuit et non plus le jour.
Fille du ciel
La tourterelle
Chante le désespoir et l'amour.
 
La mer d'Irlande,
Brocéliande,1
J'ai quitté la vague et la grève.
La plainte lourde,
La cloche sourde,
Tout cela n'est plus qu'un rêve.
 
Bois ténébreux,
Temple de Dieu,
Que j'aime votre silence!
Mais c'est plus beau
Quand de nouveau
S'élève ce soupir immense!
 
Au fond du monde
La foudre gronde,
Tout est menace et mystère.
Mais plein de gout
Du rendez-vous,
Je marche vers le tonnerre!  
 
                                              [:elap:40] **orlane** [:elap:40]  
   
 
 
 
 
 
 
 


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n°4767
Jamais Rien En Vain...
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Posté le 23-11-2007 à 16:32:02  answer
 

Très sobre aussi, Paul Claudel...
 
Et les poétesses?
 
 Anna, princesse Brancovan, comtesse Mathieu de Noailles, née à Paris le 15 novembre 1876 et morte à Paris le 30 avril 1933, est une poètesse et romancière française.
 D'origine roumaine par son père, le prince Grégoire Bassaraba de Brancovan, et grecque par sa mère, Raluka Musurus, pianiste douée, mais de culture française, épouse du comte Mathieu de Noailles, Anna de Noailles fut l'un des centres de la vie mondaine de Paris au commencement du XXe siècle. Son lyrisme passionné s'exalte dans une œuvre qui développe, d'une manière très personnelle, les grands thèmes de l'amour, de la nature et de la mort.
 Anne de Noailles fut la première femme à devenir commandeur de la Légion d'honneur et l'Académie française donna son nom à un prix. Elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise mais son cœur repose dans le cimetière d'Amphion-les-Bains...

 
http://forum.bestofchat.com/mesimages/123369/DeNoaillesAnnaPortrait.jpg
 
http://forum.bestofchat.com/mesimages/123369/DeNoaillesAnnaPeinture.jpeg
 
                  L’Offrande à la Nature
 
Nature au coeur profond sur qui les cieux reposent,  
Nul n'aura comme moi si chaudement aimé  
La lumière des jours et la douceur des choses,  
L'eau luisante et la terre où la vie a germé.
 
La forêt, les étangs et les plaines fécondes  
Ont plus touché mes yeux que les regards humains,  
Je me suis appuyée à la beauté du monde  
Et j'ai tenu l'odeur des saisons dans mes mains.
 
J'ai porté vos soleils ainsi qu'une couronne  
Sur mon front plein d'orgueil et de simplicité.  
Mes jeux ont égalé les travaux de l'automne  
Et j'ai pleuré d'amour aux bras de vos étés.
 
Je suis venue à vous sans peur et sans prudence,  
Vous donnant ma raison pour le bien et le mal,  
Ayant pour toute joie et toute connaissance  
Votre âme impétueuse aux ruses d'animal.
 
Comme une fleur ouverte où logent des abeilles  
Ma vie a répandu des parfums et des chants,  
Et mon coeur matineux est comme une corbeille  
Qui vous offre du lierre et des rameaux penchants.
 
Soumise ainsi que l'onde où l'arbre se reflète  
J'ai connu les désirs qui brûlent dans vos soirs  
Et qui font naître au coeur des hommes et des bêtes  
La belle impatience et le divin vouloir.
 
Je vous tiens toute vive entre mes bras, Nature,  
Ah ! Faut-il que mes yeux s'emplissent d'ombre un jour  
Et que j'aille au pays sans vent et sans verdure  
Que ne visitent pas la lumière et l'amour...


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Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
  Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"

n°4771
*éternelle rêveuse*
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Posté le 23-11-2007 à 22:37:56  answer
 

[:orlane40:29] les femmes du moins à l'époque étaient plus rares à prendre la plume, mais dans ce poème, que de douceur dans les rimes, moi je me suis délectée à le lire, merci, Merle :jap:  
 
un auteur que j'ai très peu lu, mais que j'aime bien aussi... Théodore Agrippa D'aubigné (1552-1630)
 
http://www.litterales.com/personnes/_Aubigne.jpg  http://www.france-livres-occasions.com/media/BioDeschodtAgrippa.jpg
 
 
 Auprès de ce beau teint, le lys en noir se change    
 
Auprès de ce beau teint, le lys en noir se change,
Le lait est basané auprès de ce beau teint,
Du cygne la blancheur auprès de vous s'éteint
Et celle du papier où est votre louange.
 
Le sucre est blanc, et lorsqu'en la bouche on le range
Le gout plait, comme fait le lustre qui le peint.
Plus blanc est l'arsenic, mais c'est un lustre feint,
Car c'est mort, c'est poison à celui qui le mange.
 
Votre blanc en plaisir teint ma rouge douleur,
Soyez douce du gout, comme belle en couleur,
Que mon espoir ne soit démenti par l'épreuve,
 
Votre blanc ne soit point d'aconite noirci,
Car ce sera ma mort, belle, si je vous trouve
Aussi blanche que neige, et froide tout ainsi.  
   
 
 
       [:elap:41] **orlane** [:elap:41]  


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** la plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute**
n°4774
Jamais Rien En Vain...
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Posté le 24-11-2007 à 13:18:50  answer
 

De l'usage du blanc en poésie, Orlane...
 
  Une curiosité maintenant... Je connaissais cette poétesse mais je ne l'avais jamais lue... Juste un extrait, ses lais sont longs et je n'ai pas cherché les traductions...
 
 Marie de France est une poétesse médiévale célèbre pour ses lais - sortes de poèmes - rédigés en ancien français.
 Elle a vécu pendant la seconde moitié du XIIe siècle, en France puis en Angleterre, où on la suppose abbesse d'un monastère, peut-être celui de Reading.
 Son œuvre examine l'amour courtois et relève de la matière de Bretagne.
 
http://forum.bestofchat.com/mesimages/123369/MarieDeFrance.jpg
 
VI. Les Deus Amanz
 
1 jadis avint en Normendie
2 une aventure mut oïe
3 de deus enfanz que
s'entr'amerent;
4 par amur ambedeus finerent.
5 un lai en firent li Bretun:
6 de Deus amanz recuilt le nun.
7 verité est kë en Neustrie,
8 que nus apelum Normendie,
9 ad un haut munt merveilles grant:
10 la sus gisent li dui enfant.
11 pres de cel munt a une part
12 par grant cunseil e par esgart
13 une cité fist faire uns reis
14 quë esteit sire de Pistreis;
15 des Pistreins la fist [il] numer
16 e Pistre la fist apeler.
17 tuz jurs ad puis duré li nuns;
18 uncore i ad vile e maisuns.
19 nuns savum bien de la contree,
20 li vals de Pistrë est nomee.
21 li reis ot une fille bele
22 [e] mut curteise dameisele.
23 cunfortez fu par la meschine,
24 puis que perdue ot la reïne.
25 plusurs a mal li aturnerent,
26 li suen meïsme le blamerent.
27 quant il oï que hum en parla,
28 mut fu dolent, mut li pesa;
29 cumença sei a purpenser
30 cument s'en purrat delivrer
31 que nul sa fille ne quesist.
32 [e] luinz e pres manda e dist:
33 ki sa fille vodreit aveir,
34 une chose seüst de veir:
35 sortit esteit e destiné,
36 desur le munt fors la cité
37 entre ses braz la portereit,
38 si que ne se reposereit.
39 quant la nuvelë est seüe
40 e par la cuntree espandue,
41 asez plusurs s'i asaierent,
42 que nule rien n'i espleiterent.
43 teus [i ot] que tant s'esforçouent
44 quë en mi le munt la portoënt;
45 ne poeient avant aler,
46 iloec l'esteut laissier ester.
47 lung tens remist cele a doner,
48 que nul ne la volt demander.
49 al païs ot un damisel,
50 iz a un cunte, gent e bel;
51 de bien faire pur aveir pris
52 sur tuz autres s'est entremis.
53 en la curt le rei conversot,
54 asez sovent i surjurnot;
55 [e] la fillë al rei ama,
56 e meintefeiz l'areisuna
57 que ele s'amur li otriast
58 e par drüerie l'amast.
59 pur ceo ke pruz fu e curteis
60 e que mut le presot li reis,
61 [li otria sa drüerie,
62 e cil humblement l'en mercie.]


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Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
  Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"

n°4785
*éternelle rêveuse*
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Posté le 25-11-2007 à 22:10:30  answer
 

[:orlane40:27] je ne sais pas traduire ces vers :(  
une poète Louise Charly dites Louise Labé du début de la renaissance(1524-1566)était surnommée " la belle cordière" (1524-1566)
 
 
http://www.bibliele.com/images/LABE.JPG
 
Poète de la Renaissance, surnommée « la belle cordière », Louïze Charly dite Louise Labé est native de la ville de Lyon. Son année de naissance est mal connue entre 1924 et 1925.  
 
Issue d’une famille aisée de fabricants de cordes, et qui reçue une bonne éducation, Louise Labé est réputée pour être une femme cultivée et d'une grande beauté. Pratiquant plusieurs activités comme l’équitation et la musique (luth), parlant plusieurs langues (espagnol, italien, latin), elle était à la tête d’un salon mondain dont la société brillante et intellectuelle de la ville était friande. En 1555 par « privilège » accordé par le Roi, elle réussit à faire publier ses œuvres. On peut noter : Épître Dédicatoire en 1555, Les Vingt-Quatre Sonnets vers 1545-1555, Les Trois Elégies vers 1553, ou encore le célèbre Débat de Folie et d'Amour vers 1554-1555 où elle se prononce envers l’indépendance de pensée, la liberté de parole amoureuse et le droit à l'éducation.  
 
Son oeuvre est assez diversifiée et peu conséquente. Ses poèmes évoquent les joies et les souffrances de l'amour, ce qui est très audacieux et osé pour une femme de son temps. Inspirée mais non influencée par Pétrarque, pour l’amour idéalisé, et admirée de beaucoup et surtout du poète lyrique Olivier de Magny. Nombreux vers chantent sa beauté et lui firent dédiés. Ses poèmes, sonnets et autres textes sont écrits dans un style simple. Louise Labé raconte l’amour, la femme en souffrance et l'homme objet de désir. L’échec amoureux se devine dans ses poèmes, marqués par une grande rigueur formelle. Louise Labé se livre et se délivre dans ses poèmes… Elle est souvent, et pour beaucoup, perçue comme précurseur de la femme moderne et libérée.
 
Sa gloire se perdra peu à peu. Après la mort de son mari, puis celle d’Olivier de Magny, Louise Labé se retire pour vivre comme recluse. Ses dernières années restent