» » » 7 utilisateurs inconnus Jamais Rien En Vain...Note : 6/10 pour 89 votes | Reprise du message précédent : Un poème très très dense, Orlane, et enflammé...
Le Roman de Renart est un recueil de récits médiévaux français des XII ème et XIII ème siècles ayant pour héros des animaux agissant comme des humains.
Ce n'est pas un roman à proprement parler, mais un ensemble disparate de récits en octosyllabes de diverses longueurs et composés par différents auteurs, appelés dès le Moyen Âge « branches » ; on en dénombre 25 à 27 de 300 à 3 000 vers, soit quelques 25 000 vers.
La branche I, la plus ancienne (v. 1170) est attribuée à Pierre de Saint-Cloud. Dès le XIII ème siècle, les branches sont regroupées en recueils, apportant une certaine unité...
Les manières de Fortune
Il faut être fou pour suivre ses folles pensées :
il y a beaucoup de déchets dans les pensées d'un fou.
Il faut être fou pour suivre de folles espérances,
car le monde entier vit dans l'instabilité.
Fortune se joue des gens :
les uns montent, les autres descendent,
elle élève celui-ci, abaisse celui-là,
elle appauvrit l'un, enrichit l'autre.
Les manières de Fortune
font qu'elle aime l'un et se fâche contre l'autre ; elle n'est pas l'amie de tous,
elle place l'un au-dessus et l'autre au-dessous,
et à celui qu'elle met à la plus haute place,
au plus sage, au plus valeureux,
elle fait un croc-en-jambe
un jour ou l'autre.
Seigneurs, le monde ici-bas ne nous est que prêté :
l'un a peu, l'autre beaucoup,
mais le plus fortuné a tant de dettes
que les pauvres se retrouvent au-dessus de lui. Quand on emprunte peu, on a peu à rembourser
et on vous laisse vivre tranquillement.
Quelqu'un est-il aujourd'hui très puissan t?
Avant la fin de l'année,
il n'aura plus qu'un bien mince pouvoir,
il faut que vous en soyez persuadés.
Je vous l'assure sans plaisanter :
l'on tombe facilement de haut en bas
et, ma foi, des bas-fonds,
on peut remonter sur les hauteurs.
Le Roman de Renart
Texte établi et traduit par Jean Dufournet et Andrée Méline
GF-Flammarion, 1985. Tome 2, p. 9 Message édité par Merle Hagard le 22-02-2008 à 20:48:22 ---------------
Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"
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*éternelle rêveuse*Note : 6/10 pour 89 votes | un encouragement, de l'humilité, et un message d'espoir ce poème merle...
Adolphe Retté (1863-1930)
c'est un poète symbolique et un écrivain anarchiste français.
La lune est d'argent sous les arbres roses
La lune est d'argent sous les arbres roses, Des fruits fabuleux font plier les branches Et voici neiger des floraisons blanches. -
Un follet s'enfuit par l'ombre morose.
Tes yeux fous, ce sont des enfants perdus Que séduit l'ardeur des fruits défendus ; Tes yeux d'or ce sont des enfants pervers Curieux d'amour et de pommes vertes ; Je vois, dans tes yeux, ton âme entrouverte, Je vois, dans ton âme, une fleur d'enfer.
Arrêtons-nous : la nuit verse sur nos deux têtes Une onde caressante où flottent des rayons Et le ciel semble un dieu tremblant vers des conquêtes : Cueillons la nuit, l'extase et l'exaltation...
Donne-moi tes yeux, donne-moi tes seins -
Nous avons chassé le songe assassin.
**orlane**
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** la plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute**
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Jamais Rien En Vain...Note : 6/10 pour 89 votes | Poésie sensuelle, en voilà une autre Orlane...
Alain Grandbois (Saint-Casimir, 25 mai 1900 - Québec, 18 mars 1975) est un écrivain québécois...
Avec ta robe
Avec ta robe sur le rocher comme une aile blanche
Des gouttes au creux de ta main comme une blessure fraîche
Et toi riant la tête renversée comme un enfant seul
Avec tes pieds faibles et nus sur la dure force du rocher
Et tes bras qui t'entourent d'éclairs nonchalants
Et ton genou rond comme l'île de mon enfance
Avec tes jeunes seins qu'un chant muet soulève pour une vaine allégresse
Et les courbes de ton corps plongeant toutes vers ton frêle secret
Et ce pur mystère que ton sang guette pour des nuits futures
Ô toi pareille à un rêve déjà perdu
Ô toi pareille à une fiancée déjà morte
Ô toi mortel instant de l'éternel fleuve
Laisse-moi seulement fermer mes yeux
Laisse-moi seulement poser les paumes de mes mains sur mes paupières
Laisse-moi ne plus te voir
Pour ne pas voir dans l'épaisseur des ombres
Lentements s'entr'ouvrir et tourner
Les lourdes portes de l'oubli
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Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"
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*éternelle rêveuse*Note : 6/10 pour 89 votes | débordante de sensualité oui, Merle. une autre sensuelle de Charles Guérin (1873-1907)  poète qui avait horreur de la vulgarité, très émotif voir timide,malgré une apparence robuste, il avait une santé délicate,la mélancolie faisait partie de sa vie,et même ses longs voyages ne l'en dissipait pas.malade nerveusement,atteint de dyspepsie, son état empira très rapidement, et cette maladie l'emporta dans les bras de la mort, doucement sans douleur,lui qui l'avait toujours eu en crainte. L'amour nous fait trembler comme un jeune feuillage L'amour nous fait trembler comme un jeune feuillage L'amour nous fait trembler comme un jeune feuillage, Car chacun de nous deux a peur du même instant. " Mon bien-aimé, dis-tu très bas, je t'aime tant... Laisse... Ferme les yeux... Ne parle pas... Sois sage... Je te devine proche au feu de ton visage. Ma tempe en fièvre bat contre ton cœur battant. Et, le cou dans tes bras, je frissonne en sentant Ta gorge nue et sa fraicheur de coquillage. Ecoute au gré du vent la glycine frémir. C'est le soir ; il est doux d'être seuls sur la terre, L'un à l'autre, muets et faibles de désir. D'un baiser délicat tu m'ouvres la paupière ; Je te vois, et, confuse, avec un long soupir, Tu souris dans l'attente heureuse du mystère. **orlane** Message édité par orlane40 le 03-03-2008 à 15:00:54 ---------------
** la plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute**
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Jamais Rien En Vain...Note : 6/10 pour 89 votes | Sensuel et pudique à la fois, Charles Guérin...
Alfred Jarry est un poète, romancier et dramaturge français, né à Laval (Mayenne) le 8 septembre 1873 et mort à Paris le 1er novembre 1907.
Né dans une famille de négociants, Alfred Jarry entre à 15 ans au lycée de Laval avant de continuer ses études à Saint-Brieuc, puis à Rennes. Entre 1885 et 1888, il compose déjà des comédies en vers et en prose. Au lycée de Rennes, M. Hébert, professeur de physique, incarne aux yeux de ses élèves « tout le grotesque qui est au monde ». À ce titre, il est le héros d’une littérature scolaire abondante, dont un texte intitulé Les Polonais. En classe de première, Jarry va le mettre en forme de comédie : c’est la plus ancienne version d'Ubu Roi.
En 1891-1892, il est élève d’Henri Bergson et condisciple de Léon-Paul Fargue et d’Albert Thibaudet au lycée Henri-IV. Il échoue au concours d'entrée de l’École normale supérieure (trois échecs successifs suivis de deux échecs pour la licence en lettres).
Par ses publications, Jarry rencontre Marcel Schwob, Alfred Valette (directeur du Mercure de France) et sa femme Rachilde. C’est dans la maison du couple qu’il présente, en 1894, Ubu Roi. Il collabore au Mercure de France et à la Revue Blanche. Deux ans plus tard, il entre en fonction auprès de Lugné-Poe qui lui confie le programme de la prochaine saison du Théâtre de l'Œuvre où la première d’Ubu roi eut lieu le 10 décembre 1896, évènement comparable à la bataille d’Hernani. Dès lors, les représentations des pièces de Jarry se suivent, au fil des cycles d’Ubu.
De 1894 à 1895, il dirige l’Ymagier avec Remy de Gourmont : recueil de gravures anciennes et nouvelles, d’études artistiques et philologiques qui paraît en fascicules trimestriels, in-4°. En 1896 se place l’évènement historico-mythique de l’achat de la bicyclette « Clément Luxe 96 course sur piste » que le marchand Trochon s’obstinera longtemps à vouloir faire payer au poète, en vain. Il fonde une revue d’estampes Perhinderion qui n’aura que deux numéros.
En 1897, il a épuisé son héritage, mais achète un bateau, L’As, qui entrera dans la littérature par la geste de Faustroll. Son compatriote, le douanier Rousseau, l’héberge brièvement. Il s’installe ensuite rue Cassette, dans sa grande Chasublerie.
Dans l'ouvrage Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien, édité après sa mort, il définit la pataphysique comme la "science des solutions imaginaires, qui accorde symboliquement aux linéaments les propriétés des objets décrits par leur virtualité." (livre II, chapitre VIII), science que perpétue le Collège de 'Pataphysique fondé en 1948.
S’identifiant à son personnage et faisant triompher le principe de plaisir sur celui de réalité, Jarry a vécu comme il lui plaisait avec ses trois attributs : la bicyclette, le revolver et l’absinthe. Il leur sacrifiera la respectabilité et le confort. Dans une petite baraque proche d’une rivière, à côté d’un lit-divan, Rabelais composait l’essentiel de sa bibliothèque. L’humour lui a permis d’accéder à une liberté supérieure. « Jarry jouant Ubu, non plus sur scène mais à la ville, tend ainsi un terrible miroir aux imbéciles, il leur montre le monstre qu’ils sont. Il dit « Merde aux assis ». » (G. E. Clancier)
Le 28 mai 1906, Jarry écrit à Rachilde : « (Le Père Ubu) n’a aucune tare ni au foie, ni au cœur, ni aux reins, pas même dans les urines ! Il est épuisé, simplement et sa chaudière ne va pas éclater mais s’éteindre. Il va s’arrêter tout doucement, comme un moteur fourbu. » Épuisé, malade, harcelé par ses créanciers, malgré l'aide financière apportée par Octave Mirbeau et Thadée Natanson, il fait des allers et retours Paris-Laval et meurt d'une complication de sa tuberculose (une méningite) six mois plus tard, à Paris, à l’hôpital de la Charité le 1er novembre 1907.
Ainsi, l’œuvre d’Alfred Jarry, au comique grinçant, met en scène de façon insolite les traits humains les plus grotesques. Il est l’inventeur du terme de « ’Pataphysique », science qui cherche à théoriser la déconstruction du réel et sa reconstruction dans l’absurde. Jarry est l’un des inspirateurs des surréalistes et du théâtre contemporain. Une statue signée Zadkine consacre l’hommage de sa ville natale...
La régularité de la châsse
(...)
Pris
Dans l'eau calme de granit gris,
nous voguons sur la lagune dolente. Notre gondole et ses feux d'or
dort
lente.
(...)
Clair,
un vol d'esprits flotte dans l'air :
corps aériens transparents, blancs linges,
inquiétants regards dardés
des
sphinges.
Et
le criblant d'un jeu de palet,
fins disques, brillez au toit gris des limbes
mornes et des souvenirs feus,
bleus
nimbes...
La
gondole spectre que hala
la mort sous les ponts de pierre en ogive,
illuminant son bord brodé
dé-
rive. ---------------
Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"
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*éternelle rêveuse*Note : 6/10 pour 89 votes | |
Note : 6/10 pour 89 votes | [supression du message et du lien pour Publicité abusive sur tous le forum Sanction attribuée : Pseudo banni d'une durée de 15 jours, un temps offert pour prendre conscience de ce qu'est un forum
Merci de votre compréhension et de votre prise de recul pour vos prochaines participations.
Modérateur Frère Jérôme] Message édité par frere Jerome le 07-07-2008 à 18:35:36
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Jamais Rien En Vain...Note : 6/10 pour 89 votes | Francis Ponge (Montpellier, 27 mars 1899 ; Le Bar-sur-Loup, Alpes-Maritimes, 6 août 1988) poète français. Il reçoit le Prix international de poésie (Capri) en 1959 ; Officier de la Légion d'honneur en 1969 ; Prix de l'Ingram Merril Foundation (USA) en 1972 ; Prix international de poésie Books Abroad Neustadt à Norman (Oklahoma) en 1974 ; Membre honoraire de l'American Academy and Institute of Arts and Letters (New York) en 1980 ; premier Grand Prix national de poésie en 1981 ; Commandeur de la Légion d'honneur en 1983 ; Prix de poésie de la Mairie de Paris en 1985 ; Grand Prix de l’Académie française en 1984...
Francis Ponge, Pièces (1962), « L'Appareil du téléphone »
Lorsqu'un petit rocher, lourd et noir, portant son homard en anicroche, s'établit dans une maison, celle-ci doit subir l'invasion d'un rire aux accès argentins, impérieux et mornes. Sans doute est-ce celui de la mignonne sirène dont les deux seins sont en même temps apparus dans un coin sombre du corridor, et qui produit son appel par la vibration entre les deux d'une petite cerise de nickel, y pendante.
Aussitôt, le homard frémit sur son socle. Il faut qu'on le décroche : il a quelque chose à dire, on veut être rassuré par votre voix.
D'autres fois, la provocation vient de vous-même. Quand vous y tente le contraste sensuellement agréable entre la légèreté du combiné et la lourdeur du socle. Quel charme alors d'entendre, aussitôt la crustace détachée, le bourdonnement gai qui vous annonce prêtes au quelconque caprice de votre oreille les innombrables nervures électriques de toutes les villes du monde !
Il faut agir le cadran mobile, puis attendre, après avoir pris acte de la sonnerie impérieuse qui perfore votre patient, le fameux déclic qui vous délivre sa plainte, transformée aussitôt en cordiales ou cérémonieuses politesses... Mais ici finit le prodige et commence une banale comédie...
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Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"
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Note : 6/10 pour 89 votes | A mon gout un des plus grands poetes reste charles baudelaire, et surtout les poemes du Spleen dans Les fleurs du mal Je trouve qu'il sait traduire des sentiments que l'on a sans doute tous connu sans forcément savoir qu'il s'agissait du spleen, il fait de la souffrance qqch de beau et d'agréable a lire, ... tout simplement j'aime beaucoup voila ... |
*éternelle rêveuse*Note : 6/10 pour 89 votes | Benedicte,nous avons un point commun alors, j'aime beaucoup aussi l'écriture de Charles Baudelaire même si elle est torturée.
,Merle au passage..
voici poème de ce grand poète:
L'idéal
Ce ne seront jamais ces beautés de vignettes,
Produits avariés, nés d'un siècle vaurien,
Ces pieds à brodequins, ces doigts à castagnettes,
Qui sauront satisfaire un cœur comme le mien.
Je laisse à Gavarni, poète des chloroses,
Son troupeau gazouillant de beautés d'hôpital,
Car je ne puis trouver parmi ces pâles roses
Une fleur qui ressemble à mon rouge idéal.
Ce qu'il faut à ce cœur profond comme un abime,
C'est vous, Lady Macbeth, âme puissante au crime,
Rêve d'Eschyle éclos au climat des autans,
Ou bien toi, grande Nuit, fille de Michel-Ange,
Qui tors paisiblement dans une pose étrange
Tes happas façonnés aux bouches des Titans.
**orlane**
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** la plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque chute**
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Note : 6/10 pour 89 votes | oO oui l'ideal ils sont pas mal aussi ceux qui en parlent mais le spleen restent mes préférés |
Jamais Rien En Vain...Note : 6/10 pour 89 votes | Baudelaire, oui bien sûr, Orlane! Mais je préfère Rimbaud...
Bénédicte, as-tu déjà lu les poèmes belges de Baudelaire? ---------------
Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"
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*éternelle rêveuse*Note : 6/10 pour 89 votes | |
Jamais Rien En Vain...Note : 6/10 pour 89 votes | Désolé Orlane, je viens de changer de fournisseur d'accès...
Oui je connais ce poème mais il ne vaut pas "La Charogne" de Baudelaire...
Je dois bien le reconnaître..
A plus pour d'autres commentaires...
Bienvenue à toi, Bénédicte...
Si tu apprécie les Parnassiens, tu dois aussi connaître Apollinaire...
Que j'aime beaucoup aussi...
A bientôt... ---------------
Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"
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Note : 6/10 pour 89 votes | Bonjour à vous tous Mon poème préféré c'est ...
L'Horloge de Charles Baudelaire...
Que dire de plus, pour mois c'est tout simplement merveilleux et tortueux mais quand je le lis, "il" me parle ..
LXXXV - L'Horloge
Horloge! dieu sinistre, effrayant, impassible,
Dont le doigt nous menace et nous dit: "Souviens-toi!
Les vibrantes Douleurs dans ton coeur plein d'effroi
Se planteront bientôt comme dans une cible;
Le Plaisir vaporeux fuira vers l'horizon
Ainsi qu'une sylphide au fond de la coulisse;
Chaque instant te dévore un morceau du délice
A chaque homme accordé pour toute sa saison.
Trois mille six cents fois par heure, la Seconde
Chuchote: Souviens-toi! - Rapide, avec sa voix
D'insecte, Maintenant dit: Je suis Autrefois,
Et j'ai pompé ta vie avec ma trompe immonde!
Remember! Souviens-toi! prodigue! Esto memor!
(Mon gosier de métal parle toutes les langues.)
Les minutes, mortel folâtre, sont des gangues
Qu'il ne faut pas lâcher sans en extraire l'or!
Souviens-toi que le Temps est un joueur avide
Qui gagne sans tricher, à tout coup! c'est la loi.
Le jour décroît; la nuit augmente; souviens-toi!
Le gouffre a toujours soif; la clepsydre se vide.
Tantôt sonnera l'heure où le divin Hasard,
Où l'auguste Vertu, ton épouse encor vierge,
Où le Repentir même (oh! la dernière auberge!),
Où tout te dira Meurs, vieux lâche! il est trop tard!"
(Charles Baudelaire)
Bisous les poétos ^^ ---------------
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Jamais Rien En Vain...Note : 6/10 pour 89 votes | Allez, pour mon plaisir...
Gilles Vigneault (né le 27 octobre 1928 à Natashquan, au Québec - ) est un poète et un auteur-compositeur-interprète québécois. Il est un ardent défenseur de la cause de la souveraineté du Québec... (Source: Wikipédia)...
LES GENS DE MON PAYS
paroles et musique: Gilles Vigneault
Les gens de mon pays
Ce sont gens de paroles
Et gens de causerie
Qui parlent pour s'entendre
Et parlent pour parler
Il faut les écouter
C'est parfois vérité
Et c'est parfois mensonge
Mais la plupart du temps
C'est le bonheur qui dit
Comme il faudrait de temps
Pour saisir le bonheur
À travers la misère
Emmaillée au plaisir
Tant d'en rêver tout haut
Que d'en parler à l'aise
Parlant de mon pays
Je vous entends parler
Et j'en ai danse aux pieds
Et musique aux oreilles
Et du loin au plus loin
De ce neigeux désert
Où vous vous entêtez
À jeter des villages
Je vous répéterai
Vos parlers et vos dires
Vos propos et parlures
Jusqu'à perdre mon nom
Ô voix tant écoutées
Pour qu'il ne reste plus
De moi-même qu'un peu
De votre écho sonore
Je vous entends jaser
Sur les perrons des portes
Et de chaque côté
Des cléons des clôtures
Je vous entends chanter
Dans ma demi-saison
Votre trop court été
Et mon hiver si longue
Je vous entends rêver
Dans les soirs de doux temps
Il est question de vents
De vente et de gréments
De labours à finir
D'espoirs et de récolte
D'amour et du voisin
Qui veut marier sa fille
Voix noires et voix durcies
D'écorce et de cordage
Voix des pays plain-chant
Et voix des amoureux
Douces voix attendries
Des amours de village
Voix des beaux airs anciens
Dont on s'ennuie en ville
Piailleries d'écoles
Et palabres et sparages
Magasin général
Et restaurant du coin
Les ponts les quais les gares
Tous vos cris maritimes
Atteignent ma fenêtre
Et m'arrachent l'oreille
Est-ce vous que j'appelle
Ou vous qui m'appelez
Langage de mon père
Et patois dix-septième
Vous me faites voyage
Mal et mélancolie
Vous me faites plaisir
Et sagesse et folie
Il n'est coin de la terre
Où je ne vous entende
Il n'est coin de ma vie
À l'abri de vos bruits
Il n'est chanson de moi
Qui ne soit toute faite
Avec vos mots vos pas
Avec votre musique
Je vous entends rêver
Douce comme rivière
Je vous entends claquer
Comme voile du large
Je vous entends gronder
Comme chute en montagne
Je vous entends rouler
Comme baril de poudre
Je vous entends monter
Comme grain de quatre heures
Je vous entends cogner
Comme mer en falaise
Je vous entends passer
Comme glace en débâcle
Je vous entends demain
Parler de liberté...
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Comme je descendais des Fleuves impassibles, Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles, Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs...
Arthur Rimbaud "Le Bateau Ivre"
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